• Les ouvriers de la moisson

    LES OUVRIERS DE LA MOISSON

    Texte : Luc 10:1,2

    « Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. »

    Dans cette parabole il y a une moisson et un maître de la moisson mais ce qu’il manque, ce sont des ouvriers de la moisson.

    De nouveau, nous retrouvons l’image de l’agriculture qui figure dans plusieurs paraboles. Cette image nous parle de vies sauvées, transformées et rassemblées par le message de l’Evangile. 

    Selon Jésus, un disciple n’est pas d’office un « ouvrier de la moisson. » Il doit le devenir.

    La leçon est un véritable choc : un disciple n’est pas à la hauteur de la mission ! Si ce sont des disciples qui sont envoyés, ils reviendront sans moisson.

    Jésus envoie, donc, ses disciples leur demandant de prier et en allant, ils deviendront les ouvriers de la moisson.

    QUELLES DIFFÉRENCES ENTRE UN DISCIPLE ET UN OUVRIER DE LA MOISSON ?

    Premièrement, Jésus dit que c’est à NOUS de faire des disciples, mais c’est LE PÉRE qui envoie des ouvriers dans sa moisson.  Matthieu 28 :19 

    Les différences entre disciple et ouvrier de la moisson sont encore plus en évidence dans le passage suivant :

    Jean 4:35-38

    « Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire et amasse des fruits pour la vie éternelle afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. Car en ceci ce qu’on dit est vrai : Autre est celui qui sème et autre celui qui moissonne. Je vous ai envoyé moissonner ce que vous n’avez pas travaillé, d’autres ont travaillé et vous êtes entré dans leur travail. »

    QUATRE DIFFÉRENCES ENTRE UN DISCIPLE ET UN OUVRIER DE LA MOISSON :

     

    1. LE DISCIPLE A UNE VISON NATURELLE DES CHAMPS,  L’OUVRIER DE LA MOISSON A UNE VISION SPIRITUELLE DES CHAMPS

    Les disciples étaient convaincus que le temps de la moisson n’était pas venu et qu’Il fallait attendre encore 4 mois.

    Jésus dit « NON », les champs sont blancs, prêts à être moissonnés

    Jésus et ses disciples regardaient le même champ mais ils ne voyaient pas la même chose

    Nos yeux peuvent nous jouer des tours !

    Dans un restaurant une photo trompe l’œil, était affichée sur le mur. A un mètre on voyait Marilyn Monroe mais à distance on voyait Albert Einstein. Ce n’est vraiment pas pareil !

    Un ouvrier de la moisson voit ce que Dieu fait, il ne voit pas ce que Dieu ne fait pas.

    Chaque année en région parisienne je conduisais une « Ecole pour évangélistes » durant une semaine et le vendredi après-midi j’amenais les participants dans les rues du quartier St Michel, à Paris, avec mon tableau d’animation afin qu’ils vivent une expérience d’évangélisation de rue. Une année, la météo le vendredi après-midi n’était pas favorable, il pleuvait. Nous sommes quand même sortis et je me suis positionné sous un arbre, un peu à l’abri. De retour à notre centre de formation, au moment du débriefing, j’ai posé la question aux stagiaires : « qu’avez-vous vu ? ». Un a pris la parole : « Quand tu as écrit DIEU sur ton tableau j’ai vu plusieurs personnes  partir. Ça m’a fait de la peine. »  J’ai répondu : « Je ne les ai pas vus partir. J’ai seulement vu ceux qui étaient restés. N’as-tu pas remarqué sous la pluie, la jeune femme, tellement captivée, qu’elle a sorti un sac plastique de son bagage et l’a  mis sur sa tête pour continuer à m’écouter, ou l’homme d’affaires  impeccablement habillé qui m’écoutait sous la pluie, son beau costume trempé ? »

    Être « ouvrier de la moisson », c’est avoir une vision de la moisson que le disciple n’a pas.

    Jésus exhorte les disciples : « levez les yeux et regardez les champs » v35

    C’est regarder le même champ mais le voir différemment.

     

    2. LE DISCIPLE PENSE « FUTUR », L’OUVRIER DE LA MOISSON PENSE « MAINTENANT ».

    Les disciples étaient convaincus qu’il fallait attendre 4 mois !

    4 mois, c’est plus qu’une saison. Ils ne comprenaient pas la saison dans laquelle ils étaient.

    Dans le monde naturel, s’il y a confusion par rapport aux saisons, le comportement devient bizarre et incompréhensible !  Ce serait comme souhaiter à quelqu’un “Joyeux Noël” au mois de mars ou dire à un collègue un lundi matin, « passe un bon week-end ».

    Il y a une énorme différence entre le temps de la moisson et 4 mois avant la moisson :

    4 mois avant la moisson, la semence est dans la terre et il n’y a pas grand-chose à faire à part l’irrigation et  la vérification de son équipement. 4 mois avant la moisson, c’est plutôt relaxe.

    Mais au temps de la moisson, c’est la mobilisation générale, la pression se ressent : la journée de travail démarre tôt le matin, on finit tard le soir, et l’on embauche le maximum de personnes.

    Beaucoup de Chrétiens proclament, chantent et prophétisent « Demain c’est le jour du Réveil ». Leur message annonce toujours de grandes choses pour demain

    Mais ce n’est pas le message de la Bible.

    Le message de la Bible est  « Aujourd’hui, c’est le jour du salut ».

    Selon la Bible, le salut n’est pas pour dans 4 mois.

    Paul est un ouvrier de la moisson et son message est clair.

    « Voici maintenant le temps favorable. Voici maintenant le jour du salut. » 2Corinthiens 6 :2

    Le jour du salut, c’est aujourd’hui.

     

    3. LE DISCIPLE SÈME LA SEMENCE ET PAIE UN PRIX, L’OUVRIER AMASSE DES FRUITS ET REÇOIT UN SALAIRE

    Jean 4 :36 « Celui qui moissonne reçoit un salaire et amasse des fruits pour la vie éternelle (…) »

    Il amasse des fruits et les fruits qu’il amasse deviennent son salaire.

    Il rassemble des gens à la vie éternelle et les conversions à Christ qu’il obtient deviennent sa récompense.

    Une des grandes bénédictions après plus de 40 ans de ministère à chercher d’amener des gens à Jésus, c’est quand je retourne en visite, dans les villes où j’étais pasteur, et que des personnes viennent me voir pour me dire : « C’est toi qui m’as conduit au Seigneur. » La joie que cela m’apporte est mon salaire !

    A Malmo, en Suède, lors d’une réunion de leaders chrétiens européens venant de différents pays, certains invités ont pu donner un compte rendu de ce qui se passait dans leur pays. Un pasteur anglais travaillant en Ireland du Nord, témoignait des implantations d’églises, nouvelle génération, avec de nombreux jeunes qui se convertissaient à Christ des jeunes qui n’ont pas connu les violences sectaires dans ce pays. C’était un témoignage merveilleux. A la pause-café, ce pasteur est venu me voir : « Vincent Esterman, c’est une joie de te revoir et de t’entendre de nouveau. » L’échange qui suivait m’a bouleversé : « Tu me connais ? Oui. Il y a 17 ans, j’étais tout juste converti. Je ne connaissais rien. J’ai assisté à une convention dans le sud de l’Angleterre et tu étais l’intervenant. Tu as parlé sur « Comment gagner des gens à Christ ». Ce message a changé m’a vie. Je suis le fruit de ton ministère. » J’ai passé l’après-midi comme dans une bulle. Dieu me donnait mon salaire avec une grosse prime !

    A ce niveau, nous pouvons constater une grande différence entre L’ÉVANGELISATION et GAGNER DES GENS A CHRIST.

    J’accepte difficilement ce que j’entends parfois quand des chrétiens, dans leur enthousiasme disent :

    « J’ai conduit 3 personnes à Jésus dans les rues aujourd’hui.

    Nous avons fait une mission et il y a eu 15 conversions.

    Nous avons fait une campagne d’évangélisation et nous avons eu 800 décisions pour Christ ! »

    Les efforts fournis sont louables mais où sont ces personnes aujourd’hui ? Que sont-elles  devenues ? Dans quelle église sont-elles ?

    Un jour un jeune évangéliste me parlait avec beaucoup de joie, de ceux qu’il avait conduits à Christ dans le parc de sa ville. Je lui ai demandé combien étaient dans l’église. Il m’a répondu avec regret : aucun. Je suis sorti dans la rue piétonne de cette ville avec  mon tableau d’animation le lendemain accompagné d’un petit groupe de chrétiens. Le soir 2 hommes, rencontrés dans la rue, sont venus à la réunion et ils ont tous deux répondu à l’appel de donner leur vie à Jésus. Le lendemain au culte un des hommes était de retour, très décidé à avancer. 

    Parce que je suis porté sur les fruits de vies changées, je préfère inviter quelqu’un à une réunion plutôt même que de prier pour lui dans la rue.

    L’ouvrier de la moisson rassemble des gens et non des statistiques.

    C’est le focus de sa prière, sa foi, son action.

    Il rassemble des gens.

    Le disciple sort avec un sac de semence. L’ouvrier de la moisson, lui,  sort avec un panier à remplir.

    Le disciple est conscient du prix à payer. L’ouvrier de la moisson reçoit son salaire.

    Toute église devrait être un panier de fruits fraîchement cueillis. Hélas, une église peut aussi être un paquet de raisins secs.

    En visite dans une église dans le sud de la France, le pasteur, assis à côté de moi au premier rang pendant le culte, me souffle « Tu vois le guitariste, il a été amené par la dame qui fait les annonces. Et la dame qui fait les annonces a été amenée par la dame qui a conduit l’offrande. » Je me suis dit : Cette église est un panier de fruits fraîchement cueillis ! »

    L’image de fruit explique la grande diversité de gens dans l’église :

    Bananes – elles donnent de l’énergie mais elles sont un peu tordues.

    Pastèques – elles sont sucrées mais il y a beaucoup de pépins.

    Letchis – pour arriver à la chair il faut enlever la peau épaisse

    Raisins – ils ne viennent jamais seuls,  mais toujours en grappe.

    Cerises – elles sont bonnes, mais attention au noyau.  Il ne faut pas tout avaler

    Pamplemousses – pour les déguster, il faut rajouter beaucoup de sucre

    Oranges – elles sont très juteuses mais il faut les presser

    Citrons – en les mangeant, on fait la grimace

    Les gens de tous genres doivent être rassemblés.

     

    4. LE DISCIPLE S’EN VA AVEC LARMES, MAIS L’OUVRIER REVIENT AVEC JOIE

    Psaume 126 :5 « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d’allégresse. »

    Si nous savons seulement semer, il n’y aura pas beaucoup de joie.

    L’ouvrier de la moisson, lui, est un producteur de joie et d’autres peuvent entrer dans sa joie. Il vit en direct ce que Dieu fait.

    C’est la joie du ciel, la joie des anges qui se réjouissent quand un pêcheur vient à la repentance.

    Jean 4 :36 « (…) afin que ceux qui sèment et ceux qui moissonnent se réjouissent ensemble. »

    Dans une église que nous avons connue, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup de chrétiens dépressifs. Quand je leur disais « Comment ça va ? », la réponse était souvent avec un petit air triste : « Avec la grâce de Dieu. Ça peut aller. Doucement. » Une femme m’a répondu : « Cette semaine le diable était à toutes les portes. » Je lui ai suggéré de changer de maison !

    Nous avons une façon plutôt simpliste de répondre aux problèmes du chrétien, un peu dépressifs : prêcher un message sur la dépression, faire un appel pour les personnes abattues, prier deux minutes et les renvoyer chez eux comme si tout était réglé.

    MAIS le meilleur conseil que j’ai à donner à quelqu’un qui a le blues, c’est de lui dire :

    Va puiser ta joie à la source du salut.   

    Esaïe 12 :3  « Vous puiserez de l’eau avec joie aux sources du salut. »

    L’ouvrier de la moisson connaîtra cette joie intarissable que Dieu a liée étroitement au salut d’un être humain. Cette joie sera son salaire.

    Alors pourquoi se contenter de rester un simple disciple quand le Père peut faire de nous un ouvrier envoyé dans sa moisson.

    « La croissance de la semenceSemer ici, moissonner là »
    Partager via Gmail Yahoo!

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :