• LE SERPENT DANS LE DÉSERT

    Texte : Jean 3 :14,15

    Vincent ESTERMAN 

     

     

     

     

    « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. »

     

    Tous les auditeurs de Jésus comprenaient la parabole du serpent dans le désert. Nous avons ici, une application remarquable d’un passage bien connu du livre des Nombres. Elle est donc une nouvelle parabole historique.

     

    Il s’agit d’un bel exemple de la typologie biblique.

    Qu’est-ce que la typologie biblique ?

    Lorsqu’un évènement ou un personnage de l’Ancien Testament est une préfiguration de la personne de Jésus et de son œuvre rédemptrice les commentateurs bibliques appellent cela « un type ».

     

    Il y a de nombreux exemples :

    Sarah qui accouche d’Isaac, le fils de la promesse, quand humainement cela était impossible pour des raisons de stérilité - un type de Marie, étant toujours vierge, qui accouche de Jésus.

    Galates 4 :28,31

    Abraham qui offre en sacrifice son fils Isaac - un type de Dieu, le Père, qui offre Jésus en sacrifice.

    Jean 3 :16

    Joseph, ayant reçu des promesses d’occuper une place d’autorité, doit d’abord descendre dans les donjons d’une prison avant d’être élevé à la droite du Pharaon en Egypte – un type de l’humiliation de Jésus avant d’être élevé à la gloire. Philippiens 2 :5-11

    La sortie du peuple d’Israël de l’esclavage en Egypte avec, à sa tête, Moïse - un type de Jésus qui sort l’être humain de l’esclavage du péché. Romains 6 :6

    La traversée de la mer Rouge par le peuple d’Israël - un type du baptême du chrétien.  1Corinthiens 10 :1,2

    L’eau qui a coulé du rocher dans le désert - un type du baptême du Saint Esprit. 1Corinthiens 10 :4

     

    Nous avons donc, avec l’image du « serpent dans le désert » que Jésus nous donne, un autre exemple fort de typologie biblique.

     

    L’EFFET DE REGARDER

     

    Dieu est fin psychologue. Il connait bien l’homme, étant son créateur.

    Il connait l’importance et l’effet sur l’être humain, de porter son regard sur quelque chose.

     

    L’effet sur une personne de ce qu’il regarde se manifeste dans plusieurs situations :

    Il ne faut pas passer trop de temps à admirer les pâtisseries dans la vitrine d’un pâtissier. La tentation se fera très vite sentir !

    Dans les agences de voyages les catalogues de vacances sont conçus pour engendrer le rêve.

    Regarder un nouveau-né provoque de l’attendrissement surtout chez des mamans.

     

    Pour regagner mon bureau dans le 14ème arrondissement de Paris je devais longer la Rue Daguerre, piétonne et très animée. Les commerçants ont des stands et des comptoirs dans la rue et entre les poissonniers et les marchands de fruits et légumes les cris pour vendre leurs produits étaient souvent amusants. J’ai remarqué que lorsqu’une jolie fille passait, cela provoquait des réactions qui faisaient toujours sourire la fille. Quand je passais, moi, devant les poissonniers cela ne provoquait aucune réaction !

     

    Les problèmes du roi David ont commencé lorsqu’il a porté son regard sur sa voisine qui prenait son bain sur le toit de sa maison. 2Samuel 12 :2 

     

    Le regard produit un effet sur l’être humain. Dans cette parabole du serpent d’airain, le regard va jouer un rôle important.

     

    MOISE ET LE SERPENT D’AIRAIN

     

    Avec cette image Jésus ramène ses auditeurs à un évènement tragique dans le livre des Nombres 21 :4-9.

    Le peuple d’Israël est dans la révolte. Il se plaint contre Dieu et contre Moïse.

    Comme jugement, Dieu envoie une plaie de serpents très vénéneux et beaucoup de gens vont mourir suite aux morsures.

    Le peuple se repent et demande à Moïse d’intervenir auprès de Dieu. Moïse prie et Dieu répond :

    « L’Eternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu et le regardera, conservera la vie. » v8

    Moïse a obéi et le jugement a été retiré.

     

    La parabole est riche de symbolisme pour le chrétien.

     

    Le serpent, c’est le diable. Genèse 3 :1

    La morsure qui donne la mort, c’est le péché. Ephésiens 2 :1

    Le serpent élevé par Moïse, c’est Jésus à la croix. Jean 3 :14

    Ceux qui portent le regard sur le serpent d’airain, c’est ceux qui sont sauvés. Jean 3 :15

     

    Le parallèle avec la mort de Jésus sur la croix est évident.

    La mort est venue au peuple par la morsure des serpents.

    Le péché, par la séduction du diable, a provoqué la mort spirituelle chez l’homme.

    Pour redonner la vie, Jésus a du devenir « comme un serpent ».

    Il n’a pas seulement pris sur lui-même, les conséquences du péché mais il est devenu péché, raison de sa mort.

    2Corinthiens 5 :21 « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui, justice de Dieu. »

     

    Il est important de noter qu’en s’identifiant avec le serpent dans le désert Jésus ne dit pas qu’il est devenu le diable sur la croix. Il est devenu péché sur la croix, la conséquence du travail du diable.

     

      Lui, qui était UN avec le Père, maintenant devenu péché, est séparé du Père qui est saint.

    Pour cette raison, le Père a du se détourner de lui, ce qui a conduit au cri terrible de Jésus : « Eli, Eli ; lama sabachthani ! ». (Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as- tu abandonné ?) Matthieu 27 :46

    Cette séparation est insupportable pour Jésus, mais aussi pour le Père.

     

    Et la mort que donne le péché est tombée sur lui.

     

    ÉLEVER JÉSUS

     

    Mais Jésus nous fait une belle promesse liée à sa mort sur la croix.

    Jean 12 :32,33

    « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. »

     

    Élever Jésus, nous pouvons le faire par nos louanges, par nos témoignages, par nos déclarations, et par nos prédications.

    Cependant, la réalité c’est qu’il a déjà été élevé sur une croix.

    Et tous ceux qui portent le regard sur lui seront sauvés.

    L’effet du regard sera la vie éternelle.

     

    La prophétie Esaïe concernant Jésus nous l’explique clairement :

    Esaïe 53 :4,5

    « Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »

     

    Quand il y a repentance pour la révolte contre Dieu, Dieu nous demande de regarder au « serpent sur une perche » pour être pardonné, guéri.

     

    LE CENTENIER

     

    Nous avons une illustration magnifique de quelqu’un qui a regardé Jésus sur la croix pour recevoir la vie.

     

    Il s’agit du centenier qui avait la responsabilité de l’exécution de Jésus.

    Il était présent à toutes les étapes de la préparation de la crucifixion.

    Les soldats qui ont revêtu Jésus d’un manteau pour se moquer de lui étaient sous ses ordres. Il a assisté à la couronne d’épines, les moqueries, les crachats.

     

    Il était là pour le chemin de la croix et il a dû s’assurer que Jésus ne meurt pas en portant la croix. C’est lui qui a ordonné le recrutement de Simon de Cyrène pour aider Jésus à porter sa croix.

     

    Une fois que Jésus était cloué sur la croix son travail était terminé. Il fallait maintenant attendre sa mort.

    Les heures ont passé, le temps se gâtait, les gens rentraient chez eux, le spectacle terminé. Les soldats pliaient bagage et le centenier restait seul devant les trois crucifiés.

     

    Il regarde les deux brigands et ordonne que leurs jambes soient brisées pour accélérer la mort par étouffement.

     

    Mais devant Jésus, il constate qu’il est déjà mort.

    Il ordonne qu’un de ses soldats le transperce avec une lance.

    On ne sait jamais. Il ne faudrait surtout pas que Jésus survive à cette crucifixion et que ses disciples le sauvent.

     

    Il constate que le sang est versé jusqu’à la dernière goutte.

    Il se retourne pour rentrer à la caserne mais s’arrête.

    La terre tremble, le soleil disparaît, le ciel est complètement obscurci.

     

    Il se sent mal. C’est ridicule, il avait effectué beaucoup de crucifixions. Mais celle-ci n’est pas comme les autres.

    Il y a quelque chose qu’il ne comprend pas.

     

    Il regarde Jésus une dernière fois.

    Et là, tout ce qu’il a vécu au cours de la journée lui tombe dessus. Ses yeux s’ouvrent, son cœur d’homme aussi, et il crie :

    « Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » Matthieu 27 :54

     

    Comment est-ce possible qu’un homme comme ce centenier romain, ignare, puisse comprendre qui était Jésus réellement ?

     

    Comment un païen qui avait ses dieux à lui, pouvait-il  comprendre que le seul vrai Dieu avait un Fils et que ce Fils était venu sur terre ?

    Comment pouvait-t-il savoir que ce mort sur la croix était ce Fils de Dieu ?

     

    La réponse à ces questions est simple :

    il a porté son regard sur le serpent dans le désert. Et le mort est revenu à la vie.

     

    Un dimanche matin une femme est venue à notre culte. Elle aimait Jésus de tout son cœur. J’ai appris que sa conversion était assez récente. Son mari m’a expliqué qu’elle avait suivi toutes les spiritualités sur le marché des spiritualités. Elle avait tout essayé cherchant des réponses pour sa vie sans jamais trouver la paix. Mais un jour elle a entendu parler de Jésus, le Jésus de la Bible.

    Elle a porté son regard sur la croix et la lumière de Dieu a brillé dans son cœur. Jésus n’était pas un « maître » comme les autres.

    En portant son regard sur lui, la morsure a été guérie et la vie éternelle gagnée.

     

     

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